Elections et quartiers populaires: Entretien dans "l'Humanité"

Publié le par frontdegauche

Joseph Demeulemeester « Il faut encore convaincre de l’utilité de voter »

Ambiance de campagne autour du candidat du Front de gauche dans les quartiers sud de Lille.

 

Peut-on dire de cette campagne qu’elle réconcilie les quartiers populaires avec la politique ?

Joseph Demeulemeester. Au marché de Wazemmes à Lille, où la cellule locale du PCF est régulièrement présente, nous observons beaucoup plus de répondant depuis 
ces dernières semaines. Le Front de gauche 
et son candidat, Jean-Luc Mélenchon, sont 
désormais plus clairement identifiés. Face 
à des commentaires enthousiastes sur la manière dont il envoie Marine Le Pen dans les cordes, notre boulot est de passer à des accroches sur le fond pour pérenniser cette reconnaissance et dépasser l’épiphénomène. Ces derniers temps, il semble que Mélenchon n’apparaisse plus seulement comme quelqu’un qui est là pour pousser des coups de gueule. Après discussion, on s’aperçoit tout de même très vite que, s’il y a adhésion aux idées, il faut encore convaincre de l’utilité d’un vote pour imposer d’autres choix politiques.

 

Parler de questions de fond, 
dans les quartiers, c’est-à-dire ?

Joseph Demeulemeester. Les sujets qui accrochent sont ceux du partage des richesses, du salaire maximal, de l’emploi et du retour à la retraite 
à soixante ans. Il y a un vrai sentiment d’injustice face aux mesures d’austérité imposées à tous sans tenir compte des revenus des gens. Nous avons l’impression d’être les seuls sur ce terrain de première importance aux yeux des populations. Les socialistes focalisent leur campagne sur le rejet de Sarkozy et martèlent que le PS doit réaliser le meilleur score dès 
le premier tour.

 

Les tueries de Toulouse et Montauban 
se sont-elles imposées dans les conversations ?

Joseph Demeulemeester. Oui, mais peu, et davantage pour dénoncer le cirque médiatique qui s’est organisé autour des réactions et des contre-réactions que pour évoquer les questions de politique sécuritaire. Les préoccupations liées aux conditions de vie et au niveau des revenus reprennent vite le dessus.

 

À Lille et dans les villes alentour, 
le Front de gauche tient-il les murs ?

Joseph Demeulemeester. C’est évident. D’ailleurs, on voit des jeunes qui n’ont rien de militants chevronnés nous demander des tracts et des 
affiches, sans chercher forcément à adhérer 
à tel ou tel parti. Quel plaisir de voir des collages là où les organisations du Front de gauche 
ne sont pas encore passées !

Entretien réalisé par L. Ma.

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Publié dans La campagne

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