Tribunes sur le 1er mai

Publié le par frontdegauche

Nous reproduisons deux tribunes à l'occasion du 1er mai, celle de l'historien Pierre Outteryck, qui revient sur la polémique suscitée par les déclaration de Nicolas sarkozy sur le "vrai travail", et celle de Barnerd G., habitué de ce blog, qui revient sur la continuïté de la dimension revendicative de cette manifestation.
tribune de Pierre Outteryck, professeur agrégé d'histoire :

Comme Pétain en 1941

Juillet 1889, sous l’impulsion de Paul Lafargue, gendre de Marx, fondateur du Parti ouvrier avec Jules Guesde, s’organise une réunion des Partis ouvriers d’Europe et des États-Unis. Ainsi va naître l’Internationale Ouvrière.Organisée face aux festivités officielles commémorant le centième anniversaire de la prise de la Bastille, cette rencontre va faire de chaque 1er mai une journée inter-nationale de luttes et de revendications.


Le 1er mai 1890, malgré la répression, sera un succès ; des délégations ouvrières apporteront aux mairies les cahiers de revendications.

Salaires, conditions de travail sont les exigences majeures.

En 1891, la fusillade de Fourmies (neuf jeunes tués par la troupe) aura un retentissement mondial. En 1895, la création de la CGT va permettra de structurer cette journée. 1er mai : une journée internationale de lutte et de revendications Au cœur de ce combat : réclamer dans tous les pays la journée de 8 heures. « C’est 8 heures qu’il nous faut ! »,exigeaient grévistes et manifestants.

Dès cette fin du 19 e siècle, patronats et gouvernements expliquaient l’impossibilité de satisfaire les revendications des travailleurs car cela favoriserait les concurrents étrangers et ruinerait l’activité économique.Le 1er mai permettait de contrecarrer cette propagande et de faire vivre ce beau mot d’ordre : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »

Durant l’occupation 1940-1944, le gouvernement d’extrême droite de Pétain collaborant avec l’Allemagne nazie prônait la préférence nationale. Cette« préférence nationale » excluait du travail les étrangers ou toute personne récemment naturalisée. Bientôt les déportations raciales parachèveront cette politique monstrueuse. Pétain, en avril 1941, décide aussi de faire du 1er mai un jour chômé et payé, pour sa propagande « travail, famille,patrie » : le 1er mai, jour de la Saint-Philippe, sera donc « La fête du Travail et de la Concorde sociale », sous l’impulsion de l’anticommuniste Belin, secrétaire d’Etat au Travail, ancien dirigeant de la CGT. Celui qu’exploite sans vergogne un patronat qui préféra Hitler au Front populaire !

Retrouver le sens des mots Le travail… Celui qu’exploite sans vergogne un patronat qui préféra Hitler au Front populaire ! Sans doute pour Pétain, était-ce déjà le vrai travail ?A Londres, à la BBC, autour du Général de Gaulle, la Résistance appelait les ouvriers à résister, à lutter contre les sacrifices exigés par les patrons, à combattre le pillage organisé par le 3e Reich nazi.Aujourd’hui, alors que les mots perdent souvent leur sens, rappelons combien nos aîné(e)s, nos arrières grands-parents et parents ont lutté, femmes et hommes rassemblés afin que nous ayons le droit de manifester ce1er mai pour obtenir une part de bonheur…

 

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Renouveau du 1er mai et 1er Mai du Renouveau (par Bernard G.)

 

Historiquement le premier mai a une signification revendicative particulière : instaurée par les travailleurs Américains en lutte pour la limitation de la journée de travail à 8 heures, elle a dès le départ un fort caractère de lutte de classes.

 Le 1er mai 1890, les travailleurs de Chicago manifestaient pour obtenir que la journée de travail soit limitée à 8 heures par jour. La police ouvrit le feu, il y eut des morts.
En 1891, dans notre département, à Fourmies, les travailleurs du textile manifestaient pour la même revendication. L’armée ouvrit le feu : il y eut 9 martyrs.

Depuis ces luttes et ces épisodes tragiques, le 1er mai devint la journée annuelle du rappel des revendications des travailleurs pour diminuer leur exploitation qui gonfle les profits des entreprises (et non la « Fête du Travail », nom instauré par Pétain en 1941, dans la droite ligne de sa devise « Travail, Famille, Patrie »).

Le 1er mai 2012, est donc, dans son contenu revendicatif, la parfaite illustration des luttes célébrées et amplifiées par le 1er mai :

-          La quantité de travail exigée des salariés tout au cours de leur vie pour le même salaire, s’est trouvé accrue par la Droite au service des Patrons, par le recul de l’âge de la retraite, de 60 à 62 ans, en 2010, pour la plus grande prospérité des profits. La lutte est toujours nécessaire pour revenir sur cette loi Woerth inique.

-          La durée hebdomadaire de 35 heures est toujours dans le collimateur de Sarkozy et du MEDEF.

De ce double point de vue, le 1er mai 2012 représente exactement la même revendication que celle des ouvriers de Chicago et de Fourmies de RESISTER à la surexploitation.

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