Les irresponsables
A deux semaines du premier tour de l'élection présidentielle, les éditorialistes bien-pensants font mine de s'intéresser au programme du front de Gauche. De mauvaise grâce, un peu contraints par l'affluence dans nos meetings, par la dynamique populaire et l'enthousiasme que suscitent notre campagne, les voilà donc qui quittent un peu les poncifes sur la verve et le talent tribunicien de notre candidat pour passer au crible ses propositions phares.
Et là, consternation: Jean Luc Mélenchon ne propose pas une politique de rigueur. De "l'Express", jusqu'au "Point", les hebdos favoris des salles d'attente de dentistes crient haro sur le seul des principaux candidats qui ne plie pas à la sacro sainte règle de la "bonne gestion" libérale et de son corollaire, la réduction des dépenses publiques utiles. Voici le "Nouvel observateur" qui, sans doute sans aucune arrière pensée, voit dans le représentant du front de Gauche le candidat "de la posture et de l'illusion".
Leur source? "L'institut de l'entreprise", une officine patronale chiffrant à 100 milliards d'euros le coût du programme du front de Gauche. Notre propre chiffrage se situe à 120 milliards, et nous l'assumons.
Car bizarrement, ces experts en peau de lapin ne disent pas un mot :
- sur le coût social et le malheur générés par les politiques d'austérité, par la casse de l'emploi, de la santé, de l'éducation, du droit du travail...
- sur ce que rapporte une politique de relance, et les bienfaits pour l'économie de mesures comme l'augmentation des salaires ou les créations d'emploi dans la fonction publique ou via la relocalisation de l'industrie.
- sur les recettes prévues noir sur blanc dans le programme du front de gauche. Sans doute ces gens sérieux et compétents sont-ils trop occupés pour lire d'un bout à l'autre notre programme. Sans doute aussi cela dépasse t-il leur entendement que nous posions sans tabou la question de la redistribution des richesses. Il faudra néanmoins s'y habituer car nous ne lâcherons pas le morceau.
Là dessus, qui sont les irresponsables? Ceux qui veulent faire enfin passer les besoins humains avant le règne de la finance et de l'argent-roi, ou ceux qui répandent l'idée qu'il est nécessaire d'accepter comme seule horizon les inégalités, les injustices, le libéralisme débridé (ou sa variante sociale-démocrate)?
Et puisque nous assumons les choix de notre programme, nous vous livrons un petit récapitulatif transmis par un de nos camarades montrant que les mesures envisagées par le front de Gauche rapportent plus que ce qu'elles ne coûtent.
